Créer sur les Toits du Monde : L’Expérience de Yoshimi Futamura
« Que ressent-on lorsqu’on crée en altitude ? » À cette question, l’artiste Yoshimi Futamura répond par une œuvre imprégnée de gratitude et de silence.
L’Éveil face aux Sommets
Chaque journée à Spacehouse commençait par un rituel visuel : contempler les sommets de l’Himalaya depuis la fenêtre. Les matins où le mont Trishul se révélait avec clarté, Yoshimi s’aventurait dans le jardin pour lever les yeux, saisie par la majesté du paysage.
Pour elle, cette résidence fut un moment de connexion profonde :
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Gratitude envers la terre indienne.
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Communion avec la matière.
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Célébration du simple don d’être en vie.
Une Réponse Artistique au Tumulte du Monde
Alors que le calme des montagnes l’enveloppait, les échos des conflits mondiaux parvenaient jusqu’aux sommets, rendant sa démarche artistique plus urgente que jamais. En réponse à la violence du monde, l’artiste a insufflé dans ses sculptures une intention sacrée.
Ses formes Kashira, nées de l’argile de l’Himalaya et de minéraux locaux, sont devenues des réceptacles de pensées positives — une prière sincère et renouvelée pour la paix universelle.
Le Dialogue Silencieux : Entre Terre et Feu
Depuis près de quarante ans, Yoshimi Futamura façonne l’argile et écoute le feu. À Spacehouse, ce voyage a pris une dimension charnelle avec la terre : l’artiste a récolté des minéraux locaux pour les incorporer directement à son œuvre, liant ainsi ses créations à la roche même de l’Himalaya.
« Dans le silence, j’ai posé des questions avec mes mains, et parfois, la terre a répondu — non pas avec des mots, mais avec un souffle. »
L’Essence du Souffle : « A » et « Un »
Au cœur de cette série repose un diptyque sculptural d’une grande puissance. Inspirée par le couple de lions gardiens (Komainu) que l’on trouve dans les sanctuaires shintoïstes au Japon, cette œuvre incarne le cycle de l’existence :
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« A » (La forme ouverte) : Le premier son, l’invitation à parler, le commencement.
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« Un » (La forme fermée) : Le son final, l’achèvement silencieux.
Ces deux formes, respirant à l’unisson, témoignent des moments sacrés vécus dans le silence des montagnes. Elles nous rappellent que si l’argile ne parle pas, il lui arrive parfois de répondre.








